La Coupe du monde 2026 s’annonce comme un événement historique. Pour la première fois, le tournoi comptera 48 équipes et se déroulera sur trois pays : les États-Unis, le Canada et le Mexique. Cette édition élargie promet un spectacle plus grand que jamais, avec des matchs répartis sur un territoire immense. Pourtant, derrière l’ampleur sportive se profile une question de plus en plus pressante : quel sera le véritable coût climatique de ce tournoi ?
Alors que la communauté internationale appelle à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, l’organisation d’un événement de cette envergure soulève des interrogations légitimes sur sa compatibilité avec les objectifs climatiques mondiaux.
Une édition d’une ampleur inédite

La Coupe du monde 2026 sera la plus grande de l’histoire. Avec 48 sélections au lieu de 32, le nombre de matchs passera de 64 à 104. Les équipes, les staffs, les médias et les supporters devront se déplacer entre trois pays et sur des distances parfois très importantes.
Cette configuration géographique constitue un premier défi majeur. Contrairement aux éditions précédentes organisées dans un seul pays ou dans des nations proches, les déplacements entre le Mexique, les États-Unis et le Canada impliquent des trajets longs et fréquents, notamment en avion.
Les organisateurs mettent en avant la richesse du continent nord-américain et la possibilité d’offrir un tournoi plus inclusif. Mais cette dispersion géographique a un prix environnemental que plusieurs experts estiment particulièrement élevé.
Le transport aérien, principal poste d’émissions

Le principal facteur d’impact climatique d’une Coupe du monde réside dans les déplacements. Les équipes, les officiels et surtout les supporters voyagent en grand nombre, souvent en avion.
Pour la Coupe du monde 2026, les distances à parcourir seront particulièrement importantes. Un supporter européen qui souhaite assister à plusieurs matchs pourra facilement cumuler plusieurs vols transatlantiques et des trajets intérieurs aux États-Unis. Les équipes sud-américaines, africaines ou asiatiques devront également effectuer de longs trajets.
Des études menées sur les éditions précédentes, notamment celle de Qatar 2022, ont montré que le transport aérien représentait souvent plus de la moitié des émissions totales d’un tournoi. Avec une édition encore plus étendue, ce poste risque d’être encore plus lourd en 2026.
Des stades et des infrastructures à fort impact
Au-delà des déplacements, la construction et la rénovation des stades constituent un autre poste important d’émissions. Même si plusieurs enceintes existent déjà, d’autres devront être construites ou modernisées pour répondre aux exigences de la FIFA.
La production de béton et d’acier, les systèmes de climatisation nécessaires dans certaines régions, ainsi que l’énergie consommée pendant les matchs et les entraînements pèsent lourd dans le bilan carbone.
Certaines villes organisatrices ont annoncé des ambitions en matière de durabilité, notamment en matière d’énergie renouvelable ou de transports en commun. Cependant, l’expérience des éditions précédentes montre que les promesses de neutralité carbone sont souvent difficiles à tenir une fois l’événement terminé.
Le rôle des supporters et du tourisme événementiel

Les supporters représentent une part importante de l’empreinte carbone d’une Coupe du monde. Des centaines de milliers de personnes se déplacent vers les pays hôtes, consomment, logent et se déplacent sur place.
Le tourisme lié aux grands événements sportifs génère des émissions importantes, non seulement à cause des vols, mais aussi en raison de l’hébergement, de la restauration et des déplacements locaux. Avec une édition sur trois pays, les flux de supporters risquent d’être particulièrement dispersés et donc plus difficiles à optimiser.
Les organisateurs face aux critiques
La FIFA et les comités d’organisation mettent en avant plusieurs mesures pour limiter l’impact environnemental de la Coupe du monde 2026. Ils évoquent notamment l’utilisation de stades existants, le développement des transports en commun et des objectifs de réduction des émissions.
Cependant, plusieurs organisations environnementales estiment que ces mesures restent insuffisantes face à l’ampleur de l’événement. Elles rappellent que les grands tournois sportifs ont souvent du mal à concilier leur dimension spectaculaire avec des exigences climatiques strictes.
Le débat porte notamment sur la pertinence d’organiser un tournoi aussi étendu à une période où la réduction des émissions est devenue une priorité mondiale.
Un questionnement plus large sur les méga-événements sportifs
La Coupe du monde 2026 n’est pas un cas isolé. Les Jeux olympiques, les championnats du monde et d’autres grands événements sportifs font régulièrement l’objet de critiques similaires concernant leur impact climatique.
Plusieurs voix, y compris au sein du monde du sport, plaident pour une réflexion plus profonde sur la taille et la fréquence de ces événements. Certains proposent de réduire le nombre d’équipes, de limiter les déplacements ou d’organiser les tournois dans des zones géographiques plus restreintes.
Ces débats dépassent le cadre de la seule Coupe du monde 2026. Ils interrogent le modèle même des grands événements sportifs à l’heure de l’urgence climatique.
La Coupe du monde 2026 sera sans aucun doute un événement sportif exceptionnel par son ampleur et sa dimension historique. Pourtant, cette grandeur s’accompagne d’un coût environnemental particulièrement élevé, principalement lié aux déplacements internationaux et à l’organisation logistique sur trois pays.
Alors que le monde du sport est de plus en plus appelé à s’aligner sur les objectifs climatiques mondiaux, cette édition pose avec une acuité particulière la question de la compatibilité entre le spectacle planétaire et la nécessaire réduction des émissions de gaz à effet de serre.
L’avenir des grandes compétitions internationales dépendra en partie de la capacité des organisateurs à proposer des modèles plus sobres, ou à justifier l’impact de ces événements face à l’urgence climatique.
FAQ
Pourquoi la Coupe du monde 2026 est-elle critiquée sur le plan climatique ?
Parce qu’elle implique un nombre record de matchs et des déplacements entre trois pays, ce qui augmente fortement les émissions liées au transport aérien.
Le transport est-il le principal problème ?
Oui. Les vols des équipes, des staffs et surtout des supporters représentent généralement la plus grande partie de l’empreinte carbone d’une Coupe du monde.
Les organisateurs prennent-ils des mesures ?
Des initiatives existent, mais de nombreuses organisations environnementales les jugent insuffisantes face à l’ampleur de l’événement.
Faut-il réduire la taille des tournois pour des raisons climatiques ?
C’est l’un des débats actuels : certains plaident pour des formats plus compacts afin de limiter l’impact environnemental des grands événements sportifs.

