▌DU WIFI A LA BNF EN PLUS DE LA FIBRE OPTIQUE ? LE CHSCT VOTE CONTRE…

Wifi

Projet : 240 bornes de 0,5 volts/m (68 bornes en Rez de jardin, 63 en Haut de jardin, 46 pour les foyers, auditoriums, Richelieu…) seront déployées entre 2015 et 2016 dans les espaces publics.
Lors du CHSCT, la CGT a rappelé que cette instance doit se prononcer sur les questions sanitaires et non sur l’opportunité de ce projet pour répondre à la baisse de la fréquentation de la BnF. De plus, la norme européenne est de 0,6 volts/m avec pour objectif 0,2 volts/m. Enfin, la CGT a rappelé que le principe de précaution est désormais un principe constitutionnel. Voir notre précédent article sur le Wifi : ici.

Intervention du Professeur Belpomme, prof. de cancérologie, nommé comme expert par la CGT au CHSCT :

  1. Aspects technico-réglementaires : les normes françaises dont fait référence le document de la BnF sont obsolètes, il faut se référer aux normes européennes. Le rapport du Conseil de l’Europe indique qu’il y a des effets, notamment chez l’enfant et chez l’adulte jeune. Le risque de cancer du cerveau est multiplié par cinq chez les moins de 20 ans. Enfin, ce n’est pas l’intensité de la dose qui compte mais la durée d’exposition.
  2. Aspects sanitaires : c’est la toxicité chronique qu’il faut prendre en compte. Nous ne savons pas encore exactement quelle est la part du champ électromagnétique dans la survenue de certains cancers, mais c’est certain pour les cancers du cerveau. L’hypersensibilité prépare à la maladie d’Alzheimer. Les personnes électrosensibles sont de plus en plus nombreuses – cette affection est en voie de reconnaissance par l’OMS - et ne pourraient plus avoir accès à la BnF.
  3. Aspects moraux et juridiques : une plateforme juridique vient d’être créée pour regrouper les plaintes qui se multiplient. Un certain nombre d’avocats internationaux veulent passer du civil au pénal, c’est à prendre en compte.
  4. Conclusion : il faut interdire le wifi dans les lieux publics et évaluer toutes les alternatives possibles, par exemple créer des zones sans wifi, le sectoriser.

Pour la CGT, les agences de l’Etat peuvent mettre des décennies à réagir sur les questions sanitaires, comme le montre l’amiante. Par ailleurs, il faut prendre en compte tous les espaces de la BnF où on accueille des enfants (espace pédagogique, salle I le dimanche, etc.) car on se dirige vers l’interdiction du wifi dans les écoles.

L’administration a répondu que l’alternative au wifi a été développée avec les places filaires et qu’elle n’est pas opposée à des zones sans wifi mais ces zones risquent d’être contraintes par l’architecture Perrault. La bibliothèque doit passer au wifi car l’intérêt pour ces technologies ne faiblit pas et les éléments sont insuffisants pour dire que son installation à la BnF serait dangereuse pour la santé du personnel et des publics.

Vote unanime des organisations syndicales contre l’introduction du wifi à la BnF en raison des questions sanitaires évoquées. La direction a déclaré qu’elle passerait outre ce vote.